La dysorthographie

Avant de parler de dysorthographie, on doit parler des processus cognitifs qui permettent de manipuler les unités linguistiques.

Il y a 6'000 ans, on ne trouvait pas de dyslexiques, car il n’y avait pas de code écrit. En outre, si l’on prend les lettres « p q b d », l’on remarque que des codes avec l’orientation spatiale d’un même signe en modifie le sens.

Le code et sa structuration (les unités linguistiques)

La langue française comprend 36 phonèmes construits par 130 graphèmes, ce qui en fait un système hautement complexe. En effet, à un graphème correspondent plusieurs phonèmes :

- C à école, lacet, second, etc.

A un phonème correspondent plusieurs graphèmes :

- /0/ à o, au, eau, eaux, hauts, etc.

On a également des homophonies :

- Vers, vert, verre / foi, foie, fois…

On a finalement des graphèmes muets :

- Horloge, loup, et les marques du genre et du nombre


La syntaxe (ordre et marques)

La syntaxe gère l’ordre des mots et l’insertion des morphèmes, comme l’accolement de la bonne terminaison au bon radical. Orthographier, c’est donc retenir l’orthographe des mots d’usage contenus dans le dictionnaire.

L’orthographe (comprendre, produire, réviser)

Pour orthographier, il faut comprendre, produire, et réviser. Différents travaux ont été effectués dans le domaine par différents auteurs.

L'origine des troubles des apprentissages de l’écrit

Il existe plusieurs hypothèses sur l’origine des troubles de l’apprentissage de l’écrit :

- Difficultés propres à la gestion de l’algorithme (catégorisation grammaticale)

- Inefficacité du contrôle (ressources attentionnelles)

- Problèmes liés à l’automatisation

- Problèmes liés à la récupération (apprentissages implicites)


Difficultés

Chez des patients avec des lésions cérébrales, il existe une dissociation claire entre dyslexie (article précédent) et dysorthographie. Cependant, il est difficile d’étudier l’une sans l’autre. La dysorthographie peut d’ailleurs souvent être une conséquence de la dyslexie et non un trouble à part entière. On peut néanmoins trouver des cas de dysorthographie isolés, mais ceci est plus rare.

On remarque que les enfants dysorthographiques présentent les problèmes suivants :

- Non intégration des sons complexes (oin, gn, euil…)

- Erreurs d’ordonnancement des phonèmes avec des inversions, déplacements, ajouts, omissions

- Substitutions de graphèmes visuellement proches (b/d ; u/n)

- Confusion entre phonèmes sourds et sonores : p/b ; t/d

- Substitutions de mots graphiquement proches

- Difficultés de structuration de l’écrit (textes longs, car difficulté à structurer des idées)

- Règles grammaticales connues mais non appliquées (accords sujet / verbe), marques du genre et du nombre, des adjectifs et participes passés, emplois de l’infinitif)

Certains patients ont des troubles spécifiques au niveau de la grammaire, d’autres au niveau des graphèmes visuellement proches, etc. Il existe donc des variétés au niveau du traitement.


Remédiation

Comment aider les dysorthographiques ? Il existe de grands profiles d’enfants, avec diverses techniques possibles pour les aider :

- Automatisation des rapports graphèmes-phonèmes : dictée de phonèmes en sur-articulant lentement et en corrigeant. Le thérapeute peut dicter plusieurs syllabes, puis accélérer le rythme (Né-mo / Némo / Némo nage).

- Automatisation du code conventionnel (graphies complexes) : écriture des voyelles (a-e-i-o-u), puis rajout d’un ‘’n’’ (an-en-in-on-un). Trouver des mots contenant des graphies complexes

- Compréhension des codes conventionnels (savoir) : cédille, g avec u… Il s’agit de connaissances déclaratives et pas d’automatisation.

- Travail de l’orthographe d’usage (mots irréguliers) : longtemps, etc. Les mots sans correspondance entre graphème et phonème. On peut avoir recours à l’étymologie (Chrysanthème = or + fleur), ou expliquer le rôle du préfixe et du suffixe (coquelet, jardinet, cordonnet à « et » = petit), ou alors travailler par famille (terre – terrestre – terrien – territoire)

- Travail des homonymies : lac ou laque à irrégularités, donc pas de correspondances transparentes entre graphème et phonème.

- Travail des accords grammaticaux : singulier-pluriel / masculin-féminin

- Travail des règles grammaticales : COD, COI, accords, etc.