La Dyscalculie

La dyscalculie est un trouble des compétences numériques et des habiletés arithmétiques ne pouvant pas s’expliquer par un déficit intellectuel, un déficit neurologique ou sensoriel ou un parcours scolaire atypique.


Critères diagnostiques

Les compétences actuelles dans le domaine des mathématiques sont bien en dessous de la moyenne des enfants du même âge. En outre, la dyscalculie n’est pas une acalculie (incapacité totale à traiter les nombres). En effet, le dyscalculique peut traiter les nombres malgré un dysfonctionnement.


Origine multifactorielle

La dyscalculie est souvent présente chez les enfants avec des maladies neurologiques (épilepsie, liées à la prématurité ; dysfonctionnement métabolique). Elle est également souvent présente chez des enfants avec des syndromes génétiques (William, X fragile). En outre, il existe des prédispositions génétiques familiales de la dyscalculie.

Il existe cependant des familles dyscalculiques sans effet génétique. Il peut s’agir simplement de comorbidité. Par ailleurs, les prédispositions génétiques peuvent être couplées avec des facteurs environnementaux comme le stress.


Comorbidité

Selon une étude de 2007, 20% à 60% des dyscalculiques présentent une difficulté d’apprentissage d’un autre type. On ne trouve ainsi presque pas d’enfants purement dyscalculiques. D’autres troubles y sont associés comme :

- Dyslexie : Lewis a étudié 1056 enfants, dont 38 avaient des difficultés en arithmétique (3.5%), mais 63% des enfants présentant des difficultés en arithmétique présentent également des difficultés en lecture.

- TDA/H : Les enfants souffrant d'un trouble du déficit de l'attention, avec ou sans hyperactivité, manifesteraient plus que les autres une dyscalculie.


Domaines affectés

Chez les dyscalculiques, les domaines suivants sont touchés :

- Comptage

- Comparaison de nombres arabes

- Opérations arithmétiques

- Dénombrement

- Transcodage : activité induisant le passage d’un code à un autre (dire « 7 » et demander à l’enfant de le noter)

- Organisation spatiale des nombres

- Lecture / écriture de chiffre

- Comparaison de collections de points

Les enfants dyscalculiques dysfonctionnent particulièrement sur le dénombrement et les opérations arithmétiques.


Les causes de la dyscalculie

Il n’existe pas de consensus sur les causes de la dyscalculie. On peut donc en identifier plusieurs selon les recherches.

Les résultats étant parfois complexes à comprendre, je laisserai les plusieurs curieux aller se renseigner plus amplement sur les causes de la dyscalculie.


Marqueurs/Précurseurs

Comme dans l’autisme ou la dyslexie, plus rapidement le déficit est identifié, plus l’intervention va être rapide et va permettre d’endiguer le phénomène « boule de neige » (sphère scolaire, sphère sociale, sphère affective,…). On peut relever ainsi les marqueurs suivants :

- Pas détectable avant 3-4 ans.

- Difficultés de traitement des quantités non-symboliques

- Difficultés à compter jusqu’à 10 avant l’entrée à l’école

- Difficultés de subitizing (appréhension d’un petit nombre d’éléments sans avoir besoin de faire de décompositions. Ex : voir 3 points sans les compter).


Les interventions

Il existe plusieurs sortes d’intervention :

- Capacités numériques basiques (comptage, dénombrement, comparaison)

- Représentations numériques spatiales (effet SNARC, placement de nombre sur une ligne,…)

- Raisonnement arithmétique : commutativité

- Connaissances procédurales : décomposition, compter le plus vite possible, etc.

- Faits arithmétiques en mémoire : tables de multiplication, d’addition, etc.

- Capacités non symboliques : nombre de points


On remarque également que l’intervention avec un enseignement humain est plus efficace que les versions informatisées. Les conséquences positives se mesurent sur les capacités de calcul, mais moins sur la géométrie, les probabilités ou autre.