Le saviez-vous? Votre culture influence la prise en charge en orientation professionnelle

Introduction

La culture influence l’interaction sociale en conseil et orientation, et change la vision selon les origines (choix professionnel individuel ET/OU tenir compte des facteurs de l’environnement). La culture peut être définie à tous les niveaux : national, historique, appartenance à un groupe.

Un jeune socialisé dès l’âge de 15 ans dans une entreprise aura une culture professionnelle différente qu’un jeune qui effectue une carrière académique. En outre, les attentes sociétales envers les hommes et les femmes diffèrent. Toute appartenance produit de fait des normes différentes.


Définir la culture

La culture peut être définie comme un ensemble complexe qui comprend la naissance, les croyances, l’art, la morale, le droit, les coutumes et les autres capacités ou habitudes acquises par l’homme en tant que membre de la société.

Il existe une définition plus psychologique qui considère la culture comme une configuration de comportements appris dont les composantes sont partagées et transmises par les membres d’une société donnée.


Culture et personnalité

La culture influence la manière dont les traits s’expriment en termes de comportements et symptômes. Elle a en outre un impact sur la manière dont les individus cherchent à s’adapter en influençant les motivations, l’image de soi et les expériences.

Adams a étudié le cas de la dépression. Dans des cultures individualistes, les gens l’expriment davantage en termes de plaintes, de pertes de motivation, etc., alors que dans les cultures collectivistes, la dépression est exprimée de façon plus somatique (maux de tête, de ventre,...).

Si on s’intéresse à la centralité du travail, on remarque que celle-ci varie même entre Catholiques et Protestants. Une étude récente montre que les Protestants au chômage se sentent significativement plus mal que les autres. Le sentiment de culpabilité est davantage élevé dans cette situation. Ainsi, dans un environnement protestant, même un musulman d’origine aura tendance à davantage culpabiliser au chômage.

Les pays protestants tendent par ailleurs à avoir les économies les plus fortes et les niveaux de vie les plus élevés.


Le caractère national : mythe ou réalité

Une étude multiculturelle a cherché à savoir s’il existait une personnalité culturelle dans un contexte national. Les auteurs sont allés aux USA et au Canada et ont fait remplir des tests de personnalité à différents individus. Ils leur ont ensuite demandé de voir comment ils percevaient l’américain et le canadien.

Il existe une norme pour dire ce qu’il faut être au quotidien qui ne correspond pas forcément à ce qui est. On remarque de fait qu’il y a passablement de ressemblances effectives entre canadiens et américains, malgré des désirs et des valorisations totalement différents.


Différences interculturelles

Certains prérequis fonctionnels sont nécessaires à l’instauration et à l’institutionnalisation d’une culture. Néanmoins, toute culture doit répondre à des questions centrales :

- Rapport à l’autorité ;

- Conception de soi : individu-groupe, masculinité-féminité ;

- Gestion des conflits (contrôle de l’hostilité et expression / inhibition des émotions).

Hofstede a développé un modèle en s’intéressant aux différences culturelles au travail. En effet, les organisations modernes dans la globalisation étant très multiculturelles, tendent à croire qu’elles savent gérer les conflits avec tout le monde. Hofstede apporte néanmoins des réponses différentes et une vision différente pour appréhender la culture et son influence:

1. Distance au pouvoir : degré d’inégalité que les membres d’une culture considèrent comme acceptable ;

2. Individualisme VS collectivisme : accent mis sur l’individu ou rapport au groupe ;

3. Masculinité VS féminité : stéréotypes sexuels (affirmation et compétitivité VS chaleur et collaboration) et division des rôles émotionnels entre genres ;

4. Aversion pour l’incertitude : degré de préférence pour des situations structurées (rigidité des règles sociales) ou degré d’anxiété face à un avenir incertain ;

5. Orientation long-terme VS court-terme : « horizon temporel », gratification postposée (persévérance, persistance et patience) ou immédiate (consommation et compétition).


Stratégies individuelles

Berry, auteur canadien, a produit un modèle psychosocial pour comprendre les comportements et les stratégies individuelles permettant de faire face à la différence sur la base de deux critères :

- Importance de conserver son identité et ses caractéristiques culturelles

- Importance de maintenir des relations avec d’autres groupes

L’intégration donne les meilleurs résultats en termes d’insertion d’un côté et de santé mentale de l’autre.

Le modèle théorique des stratégies individuelles de Berry rappelle que ces quatre phénomènes ne relèvent pas d’un choix purement individuel. Il faut en effet tenir compte du type de groupe dont la personne est issue (Migrant en Suisse : prof allemand VS ouvrier non qualifié Afghan).

En outre, le fait d’arriver jeune favorise une meilleure plasticité et une meilleure souplesse d’intégration. L’éducation et la nature de la société hôte peuvent également jouer un rôle.


Idéologies nationales

Il existe une typologie des idéologies en matière d’immigration et d’accueil :

- Idéologie pluraliste (Canada) : permission de lieux pour les différentes cultures, investissement financier du gouvernement, etc.

- Idéologie civique (France) : sens du devoir républicain.

- Idéologie assimilationniste (Suisse).

- Idéologie ethniciste (Japon) : quoi que l’on fasse, on ne sera jamais japonais, même en parlant la langue et en adoptant les coutumes.


En résumé

En résumé, j'espère que vous l'aurez compris, nous ne pouvons pas réagir, penser ou même aider tout le monde de la même manière.

Ceci est vrai à l'intérieur-même d'une culture, mais prend de l'ampleur lorsqu'il s'agit d'une culture différente à celle que l'on connaît.

Des coutumes, traditions, expériences, etc. transmettent des idées, attentes, envies et besoin.

Il n'y a pas si longtemps, en Suisse, la femme n'avait pas besoin de se former: elle était prédestinée à devenir femme au foyer. Il existait alors l'école ménagère, où elles apprenaient à devenir de bonnes femmes et mères.

Il est donc du rôle du conseiller en orientation de ne jamais entrer dans le jugement et d'entendre et de comprendre les raisons d'un choix, d'un positionnement, d'une envie.

Il est également du rôle du consultant de se faire confiance et d'expliquer clairement ses freins, ses envies et ses besoins.